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Un rêve

22 juin 2007

 » Il devrait y avoir quelque part sur la terre un lieu dont aucune nation n’aurait le droit de dire : « Il est à moi » ; où tout homme de bonne volonté ayant une aspiration sincère pourrait vivre librement comme un citoyen du monde, et n’obéir qu’à une seule autorité, celle de la suprême vérité ; un lieu de paix, de concorde, d’harmonie, où tous les instincts guerriers de l’homme seraient utilisés exclusivement pour vaincre les causes de ses souffrances et de ses misères, pour surmonter ses faiblesses et ses ignorances, pour triompher de ses limitations et de ses incapacités ; un lieu où les besoins de l’esprit et le souci du progrès primeraient la satisfaction des désirs et des passions, la recherche des plaisirs et de la jouissance matérielle.

Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur âme ; l’instruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou d’obtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et d’organiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans l’organisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités.

La beauté sous toutes ses formes artistiques – peinture, sculpture, musique, littérature – serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies qu’elle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière. Car dans ce lieu idéal, l’argent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n’y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s’exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l’ensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de l’existence et au cadre d’action de chacun.

( Le Rêve de La Mère et la Charte d`Auroville – Août 1954)

2 commentaires

  1. C’est un rêve, hélas, mais une belle utopie en tout cas – elle a au moins le mérite de faire rêver les quelques lecteurs que nous sommes !

    Bravo pour ton blog très ouvert, fouillé et diversifié ; et pour ton site beau et évocateur.

    Tu devrais te faire un peu plus de pub, moi je compte en faire en tout cas🙂


  2. C’est un rêve qui m’a beaucoup touché – tant il représente une synthèse de mes, voire nos aspirations. Cette utopie « pleine de possibilités » nous indique en quelque sorte une voie à suivre, une direction vers laquelle nous pourrions regarder, ensemble…

    « L’Utopie, lieu -non lieu où les opposés s’épousent, n’est autre que le champ unifié de la conscience, le point d’intersection situé à la lisière de l’absolu et du relatif, d’où la création a jailli telle une décharge électrique… Le point de jonction convoité n’est autre que le moment présent. » (G. Farcet, L’utopie conjuguée au présent poétique)

    Merci en tous les cas d’avoir partagé ton ressenti🙂



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